
Urgences Patrimoine et La France en Partage, deux associations de défense du patrimoine, ont annoncé qu’elles saisiraient le tribunal administratif en cas de refus.
Si l’on en croit les paroles et la volonté de la maire socialiste de Paris, les anneaux olympiques devraient rester accrochés sur la Tour Eiffel «jusqu’en 2028, c’est-à-dire jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles». Anne Hidalgo a annoncé qu’elle se battrait «contre cette idée selon laquelle il faudrait refermer cette parenthèse enchantée pour reprendre le cours de nos vies et nos passions tristes». Cette décision a alarmé de nombreuses figures de défense du patrimoine, jusqu’aux descendants de Gustave Eiffel, qui ont demandé que les anneaux olympiques soient transmis à Los Angeles avant la fin de l’année en cours.
Plusieurs associations se sont également jointes à la bataille. Urgences Patrimoine, dont l’objet est de défendre le patrimoine français menacé, et La France en Partage, qui a pour but de défendre l’héritage culturel de la France, ont mandaté leur avocat, Maître Théodore Catry, en vue de déposer un dossier de demande de «classement» de la Tour Eiffel aux monuments historiques auprès de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), dépendant du préfet de région. La grande tour métallique est pour le moment uniquement «inscrite» aux monuments historiques, et est donc soumise à un régime de protection et de contrôle allégé par rapport au niveau de garantie qu’offre la mesure de classement.
L’annonce, faite via un communiqué de presse le 4 septembre, précise qu’en cas de refus de cette demande de classement, les associations «se réserveront le droit de demander l’annulation de ce refus au tribunal administratif de Paris, et d’assortir le jugement d’une injonction faite au ministère d’engager la procédure de classement». Elles saisiront également le tribunal administratif si le projet de pérennisation des anneaux est validé par l’administration.
Attentes et enjeux
Maître Carine Chaix, qui est également présidente de La France en Partage, précise au Figaro que si cette demande de classement aboutit, l’œuvre d’Eiffel serait «mieux préservée de toute modification qui pourrait altérer son intégrité». «Cette protection aurait par exemple permis d’éviter qu’Anne Hidalgo se réveille un matin en décidant toute seule de pérenniser les anneaux olympiques», assure Maître Carine Chaix, en ajoutant que «la préservation de l’aspect visuel, esthétique et historique de la Tour Eiffel deviendrait ainsi prioritaire sur toute autre considération».
En effet, tout projet d’installation pérenne sur un monument classé suppose l’accord préalable de l’administration des monuments historiques. À ce titre, les associations représentées par Maître Théodore Catry requièrent que la «Ville de Paris renonce officiellement à tout projet de fixation définitive des anneaux olympiques sur la Tour Eiffel, de même qu’à toute ambition d’installation permanente d’éléments et d’objets extérieurs à l’identité patrimoniale de l’édifice». Elles enjoignent surtout à l’État d’accorder à la dame de fer «le niveau de protection qu’elle mérite en la classant aux monuments historiques, avec le renforcement de la protection, du contrôle et des avantages que cette mesure implique», précise le communiqué.
Maître Théodore Catry a également saisi mercredi 11 septembre, au nom des deux associations, la maire de Paris «pour lui rappeler que l’installation de manière pérenne des anneaux olympiques sur la Tour Eiffel suppose qu’elle sollicite une autorisation d’urbanisme soumise à l’accord du préfet de région», annonce au Figaro la présidente de La France en Partage.
Classement déjà demandé par Rachida Dati
Plus tôt cette année, au mois de février, la ministre désormais démissionnaire de la Culture Rachida Dati avait déjà demandé un tel classement de la Tour Eiffel. La demande de protection peut en effet émaner «du propriétaire du bien, de l’affectataire, ou de toute personne y ayant intérêt (collectivités territoriales, association de défense du patrimoine, etc.), préfet de région (Direction Régionale des Affaires Culturelles) ou du ministre de la Culture (Direction Générale des Patrimoines et de l’Architecture)», est-il indiqué sur la page du ministère de la Culture dédiée à la protection des monuments historiques.
Or la némésis de Rachida Dati, l’édile parisienne Anne Hidalgo s’y étant opposée, les démarches furent abandonnées. Pour Maître Carine Chaix, «plusieurs obscures raisons ont sans doute poussé la maire de Paris à refuser cette démarche». «L’inimitié entre ces deux femmes politiques a tout d’abord vraisemblablement eu raison de l’intérêt général», condamne-t-elle, en ajoutant qu’il était permis de penser «qu’Anne Hidalgo a préféré garder les mains libres sur la gestion de la Tour Eiffel plutôt que devoir respecter un cadre, certes protecteur, mais contraignant».
Rachida Dati aurait pu, si elle le souhaitait, passer outre ce refus «au moyen d’un classement d’office par décret en Conseil d’État» grâce à une mesure prévue par le Code du patrimoine, précise le communiqué de Maître Théodore Catry. Le ministère a pourtant fait le choix d’abandonner la démarche.
L’état structurel de la Tour d’ores et déjà menacé
D’autant que comme l’avaient déjà dit au Figaro Philippe Khayat, secrétaire général de l’association de défense du patrimoine SOS Paris et Julien Lacaze, président de Sites et Monuments, «des travaux plus vertueux» pourraient d’abord être effectués, afin de garantir le bon état structurel de la Tour.
«La structure en fer puddlé de la Tour Eiffel subit d’importants processus de corrosion», explique Maître Carine Chaix. «Des experts ont estimé que les travaux de maintenance actuels ne sont pas suffisants pour assurer une protection satisfaisante de la structure», ajoute l’avocate. «À ce titre, un classement aux monuments historiques la doterait d’un cadre plus adéquat à ses besoins d’entretien», conclut la présidente de La France en Partage.
Le symbole de la capitale devrait en effet être repeint tous les sept ans pour lui assurer une préservation optimale, mais la dernière campagne de peinture remonte à 2010, celle de 2019 ayant été ralentie par la pandémie de Covid-19 ainsi que la détection de hauts taux de plombs dans des couches de peinture rouillées pendant le récurage des parties abîmées.
Or Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef en charge du monument qui a répondu aux interrogations du Figaro en février 2024 expliquait que «ce n’est pas parce que la peinture s’écaille que le monument est à bout de souffle», tout comme «ce n’est pas par manque d’entretien que la rouille apparaît, mais sous l’effet du sable, de la pollution, de la pluie et des UV.» Il se félicitait d’ailleurs de l’état du fer puddlé : «impeccable», selon lui.
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