Paris 2024 : les musées dans les starting-blocks

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Opportunisme ou désir sincère d’explorer les liens trop méconnus entre l’art et le sport ? À l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024, une cinquantaine de musées partout en France proposent des expositions croisant ces deux domaines. L’invention des Jeux olympiques modernes s’est ainsi nourrie des découvertes archéologiques de la deuxième moitié du XIXe siècle, rappelle le Musée du Louvre, à travers une centaine de pièces et documents d’archives. Pierre de Coubertin avait suivi une conférence sur les monuments d’Olympie à Paris en 1889 pour peaufiner son projet.

L’un de ses proches, le philologue Michel Bréal, s’inspirera, lui, de l’actualité des fouilles à Marathon, lieu d’une victoire décisive des Grecs sur les Perses pour mettre au point l’épreuve du même nom, reproduisant la course du messager qui annonça la bonne nouvelle à Athènes. Dans cette même ville, Émile Gilliéron, professeur de peinture au palais du roi Georges Ier de Grèce et dessinateur sur les sites archéologiques, puisa parmi ses carnets les modèles de timbres, d’albums et de cartes postales accompagnant les premiers JO de 1896.

Une pratique sportive d’abord réservée aux élites

Le corpus de vases antiques publié par un conservateur du Louvre fut aussi la source d’inspiration des premiers trophées en forme de coupe ou de rhyton imaginés par Émile Gilliéron en 1906. Pour retrouver les gestes originels du lancer du javelot ou du disque, médecins et chronophotographe étudièrent aussi les vases à figures et les statues antiques. Quitte à en tirer des préjugés misogynes ou racistes. Le Discobole du sculpteur antique Myron, célébré lors des Jeux olympiques de Berlin en 1936, puis acheté à Mussolini par Hitler, devint bien malgré lui l’incarnation de l’idéal aryen des nazis… Élargissant le prisme, le Musée Marmottan-Monet à Paris s’intéresse à la diffusion en France de la pratique sportive, venue d’Angleterre à partir des années 1870, qui captiva les artistes impressionnistes et modernes.

Les courses hippiques croquées par Manet et Degas, les régates saisies par Monet et Sisley, la pratique de l’aviron d’un Caillebotte ou d’un Thomas Eakins, peintre américain formé à Paris, témoignent de loisirs d’abord réservés aux élites. La démocratisation progressive du sport en direction des masses laborieuses – ainsi canalisées contre d’éventuels débordements – va prendre d’autres formes. Le cyclisme dans l’arène des vélodromes inspire une superbe toile cubiste à Jean Metzinger (prêt de la collection Peggy-Guggenheim). Le rugby fascine Marcel Gromaire et Robert Delaunay. La lutte et la boxe, où l’homme de peine met une fois de plus son corps à l’épreuve sous l’œil de bourgeois confortablement assis, captivent Honoré Daumier, George Bellows ou Alexandre Falguière.

Des luttes sociétales dans les stades

Le sport se mue en spectacle avec ses héros et ses drames, bientôt popularisés par les photographes de presse, comme le pionnier Jules Beau qui publie ses clichés dans La Vie au grand air, magazine créé en 1898. Si, en 1911, ce titre met un champion noir à la une, le boxeur Jack Johnson, c’est une exception. Tout comme le tableau d’Angel Zarraga représentant en 1927 le footballeur brésilien Fausto dos Santos… Les combats contre le racisme comme sur les questions de parité, de genre, de handicap tisseront d’autres liens entre artistes et sportifs, qu’explore à Marseille le critique Jean-Marc Huitorel à travers une exposition d’œuvres contemporaines au Frac Sud, qui se prolonge au MAC et au Mucem.

À Paris, le musée du Palais de la porte Dorée raconte de son côté l’histoire de ces nombreuses luttes et celles des conflits géopolitiques qui émaillèrent les 33 éditions des JO à travers le monde. Concentrée sur la lente féminisation du sport, la Bibliothèque nationale à Paris a déployé quant à elle une profusion d’affiches, d’articles et de photographies, qui en retrace les multiples péripéties, depuis les polémiques sur les tenues de ces dames jusqu’à l’actualité brûlante du mouvement MeToo. Pour Pierre de Coubertin, rappelons que ces dames n’étaient bonnes qu’à « couronner les vainqueurs ». Il faudra attendre les Jeux de 2024 pour parvenir à une parité totale dans les différentes épreuves.

Les expositions citées durent toutes au moins jusqu’au 1er septembre.

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