Jacques-Louis David (1748-1825) au Louvre ? L’affiche paraît convenue, d’autant que le pape du néoclassicisme est déjà comme chez lui dans le premier musée du monde. Un « monument », souligne l’exposition. Il fait partie, comme Delacroix ou Géricault, des peintres régnant sur les grandes salles rouges dédiées à l’art français. Son« Sacre de Napoléon& …
Jacques-Louis David (1748-1825) au Louvre ? L’affiche paraît convenue, d’autant que le pape du néoclassicisme est déjà comme chez lui dans le premier musée du monde. Un « monument », souligne l’exposition. Il fait partie, comme Delacroix ou Géricault, des peintres régnant sur les grandes salles rouges dédiées à l’art français. Son « Sacre de Napoléon », superproduction où le nouvel empereur se couronne lui-même en présence de 200 personnages, voisine avec « Le Radeau de la Méduse » ou « La Liberté guidant le peuple ».
Ce « Sacre » est entré dans nos livres d’histoire, comme d’autres de ses tableaux, « Marat assassiné » (1793), qui transfigure le révolutionnaire en quasi Jésus-Christ, ou « Bonaparte franchissant les Alpes » (1800), au point que leur auteur est devenu l’incarnation d’un art officiel, emphatique.
Une centaine d’œuvres
On s’attendait donc à découvrir le travail d’un orfèvre de l’apparat, d’un esthète du pouvoir. Au lieu de quoi, cette rétrospective décrit un artiste exalté, passionné, aussi rigoureux qu’incandescent, très en prise avec une époque où on croyait aux refondations et aux héros.
Ce « Sacre » est entré dans nos livres d’histoire, comme d’autres de ses tableaux
Trop sans doute, quand on connaît l’issue de l’aventure napoléonienne. Mais cette rétrospective invite à comprendre ses œuvres dans le contexte des années 1780-1810, charnières pour la France.

Grand Palais RMN / Musée du Louvre / Mathieu Rabeau
Un notable figé dans son formalisme, David ? On sent plutôt fougue et radicalité chez le jeune homme aux cheveux en bataille, regard noir, intransigeant, qui vous apostrophe depuis un autoportrait présenté en ouverture de l’exposition.
Le peintre n’avait pas été célébré au Louvre depuis trente-cinq ans. Cette nouvelle mise en lumière rassemble une centaine de ses travaux. Ses grands formats (à l’exception du « Sacre », qui ne peut être déplacé à cause de sa taille, 621 × 979 cm), mais aussi des dessins et portraits. Notamment celui de Juliette Récamier, étendue sur un sofa, pieds nus, d’une modernité étonnante tant il évoque le chic nonchalant en vogue aujourd’hui dans les magazines de mode.
Les commissaires, Sébastien Allard, directeur du département des Peintures au musée, et Côme Fabre ont pris le parti de bannir l’épithète « néoclassique », systématiquement accolée à Jacques-Louis David. Le mot n’apparaît pas une fois, jugé trop restrictif pour caractériser la démarche du peintre, qui, au-delà du classicisme, annonçait le romantisme de la génération à venir. Rigueur du dessin, minutie des compositions, mais aussi couleurs vivaces, inventivité, théâtralité. Un « singulier mélange de réalisme et d’idéal » disait, à propos de son aîné, Eugène Delacroix.
Prison et exil
Plutôt que « néoclassique », les commissaires ont préféré mettre en avant un autre terme, « engagé », pour définir son rapport à l’art et au monde. L’exposition retrace une existence tumultueuse. Orphelin, élevé par deux oncles architectes, David essaie tôt de percer dans la peinture, mais échoue plusieurs fois à l’Académie, tente même de mettre fin à ses jours. Alors qu’il a gagné une reconnaissance comme peintre, il devient un farouche partisan de la Révolution, entreprend, en 1791, d’immortaliser le « Serment du jeu de Paume » à Versailles, dans une vaste fresque qu’il n’achèvera pas, faute de moyens. Les dessins préparatoires sont exposés, impressionnants de précision.
Alors qu’il a gagné une reconnaissance comme peintre, il devient un farouche partisan de la Révolution
Député à la Convention, robespierriste, David vote la mort du roi. Après une période de disgrâce, républicain convaincu, il rencontre, en 1797, Bonaparte, dont le charisme le fascine. Napoléon fait de lui, en 1804, le « premier peintre de l’empereur ». David glorifie son idole de tableau en tableau. L’un d’eux, « Napoléon dans son cabinet de travail », date de 1812. On y voit l’empereur devant son bureau couvert de documents à parapher. Une bougie est consumée. Une pendule indique qu’il est quatre heures du matin. David innove en décrivant un chef d’État non pas dans un contexte fastueux ou au combat mais en travailleur acharné. « Il fut un communicant politique avant l’heure » note l’exposition.
Engagé, David l’a été toute sa vie. Et opportuniste ? Sans doute, mais l’ambitieux et décrié David a payé le prix de ses élans politiques, connaissant la prison, près d’un an, en 1794, puis en 1795, après sa phase robespierriste. Enfin, après la déroute napoléonienne, l’exil à Bruxelles, où il meurt en 1825.
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