À Paris, cette église en pleine rénovation cache un trésor architectural qui ravit l’ouïe et la vue

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Des rubalises, la police municipale et un petit attroupement rue Titon, dans le 11e arrondissement de Paris, au pied de l’église évangélique luthérienne de Bon-Secours. Voilà qui mérite d’arrêter ses pas et de porter son attention sur cet édifice non seulement engoncé entre deux immeubles d’habitation, mais aussi caché des regards par un échafaudage. 

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Boiseries et double verrière 

Les mines sont réjouies, et les regards orientés vers le sol, où trône dans une flaque de soleil la cloche tout juste extraite du beffroi. Une descente du ciel orchestrée par une société spécialisée et supervisée par Odile Burnod. Des travaux de grande ampleur ont commencé en septembre 2023, afin de préserver le campanile, la façade et les boiseries d’un bâtiment plus que centenaire, en proie à l’érosion du temps et aux infiltrations d’eau, explique l’architecte. Cette dernière nous enjoint alors de pénétrer dans l’église, pour y admirer sa voûte, remarquable. 

Les travaux commencés en septembre 2023 consistent en la
Les travaux commencés en septembre 2023 consistent en la rénovation du campanile, de la façade et des boiseries. (©JB/actu Paris)
La cloche a été déposée le 6 mai 2024, mais ne retrouvera pas le beffroi lorsque ce dernier aura été rénové : elle sera exposée à l'intérieur de l'église.
La cloche a été déposée le 6 mai 2024, mais ne retrouvera pas le beffroi lorsque ce dernier aura été rénové : elle sera exposée à l’intérieur de l’église. (©JB/actu Paris)

Une fois le regard habitué à la pénombre, il est immédiatement attiré par l’ouvrage architectural qui n’a pas été construit en pierre, mais en bois sombre, en l’occurrence du pitchpin du Canada. Autre surprise, la charpente est fendue dans sa longueur d’un imposant vitrail zénithal cruciforme qui éclaire l’ensemble de la nef. La verrière présente des motifs géométriques de couleur pâle : du bleu, du rose, du jaune… Un magnifique ensemble réalisé en son temps par Marcel Delon, peintre-verrier spécialiste des verres opalescents.

La verrière
La verrière, étonnante par sa grandeur et ses motifs géométriques, a été réalisée à la fin du XIXe siècle par Marcel Delon, peintre-verrier spécialiste des verres opalescents. (©JB/actu Paris)

Une acoustique prisée

Ce régal pour la vue l’est aussi pour l’ouïe. Le plafond de bois et sa verrière font de l’église un lieu particulièrement recherché par les organisateurs de concerts en raison de son acoustique, relève le pasteur, Guilhem Riffaut. À la tête de la paroisse depuis l’été 2021, il revient non sans engouement sur le rôle spirituel et culturel joué par l’église au niveau du quartier et de l’arrondissement. Tout commence à la fin du XIXe siècle. 

Depuis l’arrivée de Napoléon Ier au pouvoir, la communauté luthérienne, constituée d’Alsaciens protestants venus chercher du travail à Paris, se développe au Faubourg Saint-Antoine autour d’un premier oratoire « du Bon-Secours », situé rue de Charonne. Nous sommes en 1863 et le culte se déroule soit en français, soit en allemand. Les locaux s’avérant rapidement trop exigus, le pasteur Dumas acquiert en 1893 un terrain permettant d’édifier de nouveaux bâtiments. 

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Le savoir-faire des artisans du quartier

La première pierre de l’église est posée le 20 juin 1895 et son inauguration intervient le 10 mai 1896. L’architecte à la manœuvre est le protestant Adolphe Augustin Rey, les ouvriers qui érigent l’édifice ne sont autres que les paroissiens, artisans du meuble et de l’ébénisterie, de la charpente, du fer et du bronze qui sont installés Faubourg Saint-Antoine. Leur savoir-faire s’illustre magnifiquement par la voûte ouvragée sous laquelle les cultes luthérien, le matin, protestant, l’après-midi, sont toujours rendus aujourd’hui. Mais pas seulement, puisque, depuis une trentaine d’années, une église coréenne presbytérienne, réputée pour sa magnifique chorale, prend possession des lieux le dimanche après-midi.

Menacée par un projet immobilier au début des années 1990, l’église de Bon-Secours doit sa sauvegarde à son inscription à  l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par la Drac, en 1992. Elle est régulièrement au programme des Journées européennes du patrimoine. 

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